Maxime Verny, 35 ans, TCNiste depuis 4 ans, se lance un beau challenge en juin 2025 : courir seul un triathlon de 24 h pour l’association A Chacun son Everest. Il a embarqué avec lui une soixantaine de coéquipier·e·s parmi lesquel·les une trentaine de TCNists. Il nous raconte…
Alors, raconte-nous, Everes’tri, qu’est-ce que c’est et comment ça a vu le jour ?
Everes’tri, c’est un projet sportif au profit de l’association A Chacun son Everest qui organise des séjours pour des femmes et enfants en rémission de cancer du sein ou de leucémie. Je vais donc courir en solo le T24 de l’île de Ré, un triathlon sur 24 heures qui a lieu mi-juin 2025 et associer à cette course une collecte de fonds, avec l’objectif de récolter 39 000 €.
Comme tout projet, l’idée m’est venue au fil du temps : j’avais déjà couru un T24 en relais à 4 avec mes frères et un cousin en 2023. A l’époque, je m’entrainais aussi pour l’Embrunman, j’avais des semaines d’entrainement chargées, et j’investissais des volumes horaires importants pour le triathlon. Je me disais que c’était du gâchis de ne pas en faire profiter d’autres. Je voulais combiner le sport avec quelque chose d’utile, que ça ne serve pas qu’à moi. C’est comme ça que l’idée est venue de courir au profit d’une cause.
Un jour, j’écoute un podcast de Les baladeurs, avec Matthieu TOBER, photographe outdoor et co-fondateur d’un média sur le gravel et le bikepacking. Il raconte comment, lors d’un déménagement, il tombe sur une vieille VHS où il se voit, enfant, en haut d’un sommet alpin. Il avait en effet passé un séjour 20 ans auparavant avec l’association A Chacun son Everest, alors qu’il était atteint d’une leucémie, mais c’était une partie de sa vie qu’il avait occultée. Il décide donc de retourner avec des amis sur ce sommet, là où il a guéri, un peu comme un pèlerinage.
J’étais en train de courir, à la montagne, quand j’ai écouté ce podcast, et ça m’est apparu comme une évidence : faire des boucles de natation, vélo et course à pied pendant 24 h, ça ne me faisait pas rêver, mais le faire pour une association avec un concept aussi génial, c’était le complément qu’il me fallait pour que cette démarche ait un sens.
Je savais qu’en 2024 ça ne pourrait pas coller. Le rendez-vous était pris pour 2025. Et contre toute attente, en en parlant autour de moi, aux collègues, à ma boite, à ma famille ou à mes amis, des personnes ont voulu me rejoindre et participer à la course. C’est comme ça qu’Everes’Tri s’est transformé en projet collectif : en quelques mois, j’ai été rejoint par près de 60 personnes, de tous âges et de tous horizons, qui se sont inscrits sur le T24 de l’Ile de Ré. Le plus âgé, c’est mon parrain qui a 67 ans, et le plus jeune, c’est le fils de Nicolas AUDRAIN du TCN qui a 19 ans. Il y a 1/3 de femmes, 2/3 d’hommes, répartis en 14 équipes, et dont la moitié est totalement novice. Je trouve que ce groupe de participant·e·s est très enthousiasmant par sa diversité et les motivations de chacun ! L’initiative personnelle était devenu un projet collectif.
Zoé, Maxime, les parents, et les 2 frères
Et tu disais que l’objectif c’était de lever 39 000 € ?
Exactement. En fait, l’association organise des séjours d’une semaine pour des groupes de 10 à 15 personnes en rémission (après l’arrêt des traitements lourds), tout au long de l’année, et ça depuis 1994. C’est Christine JANIN, médecin, première femme française a avoir grimpé l’Everest sans oxygène et première Européenne à avoir complété les Seven Summits qui en est la fondatrice. Durant le séjour à Chamonix, il est proposé aux participants des activités pour travailler le corps et l’esprit ; escalade, tyrolienne, rappel, yoga, méditation, dans le but qu’ils reprennent confiance en eux et extériorisent leurs sujets de frustration tout au long de la semaine. A la fin du séjour, ils gravissent un sommet, symbole d’une étape de plus franchie vers un retour à la « vie normale ».
L’association veille à abattre toute barrière sociale pour l’accès à ces séjours, elle prend donc en charge tous les coûts et le matériel (seul le transport pour s’y rendre reste à charge des participant·e·s). Le séjour lui coûte 2 300 € par enfant et 3 200 € par femme. Pour un groupe, le coût d’un séjour est d’environ 39 000 €, d’où l’objectif pour Everes’tri de réunir cette somme.
A ce jour, on a récolté un peu plus de 5 500 €, soit presque 15 % de l’objectif. Il y a donc encore du chemin à parcourir, mais je ne doute pas qu’on y arrivera ! Il y a d’ailleurs des perspectives sur des participations prévues à hauteur de près de 15 000 €. Et pour marquer les grands paliers, je me lance des défis à relever, par exemple pour les 5000 € atteints, je suis allé nager en mer en plein mois de janvier (merci à Axel de m’avoir accompagné) !

Prochain palier à 10 000 €. Cette fois-ci, je devrai courir 5 km à reculons pour marquer le coup…
Et je cherche des financements auprès des entreprises pour soutenir ce projet. Si des personnes désireuses de diffuser le projet ont des contacts au sein d’entreprises qui seraient susceptibles de soutenir l’association, il ne faut pas hésiter à me contacter. J’ai aussi mis en place, avec le T24, une réduction de groupe de 10 % : la somme économisée par les participant·e·s peut être reversée dans la cagnotte. Tous les dons passent par la plateforme HelloAsso et sont directement versés à l’association. Rien ne transite par un autre compte.
Donc si je comprends bien, pour t’aider, on peut soit participer financièrement à la cagnotte, soit te mettre en contact avec des entreprises, mais est-ce qu’on peut encore rejoindre la liste des participant·e·s ?
Oui, c’est ça. L’association est reconnue d’utilité publique, donc pour tout don de particulier ou d’entreprise, il est possible de le déduire de ses impôts à hauteur de 66 % pour les particuliers et 60 % pour les entreprises.
J’en profite d’ailleurs pour remercier mon employeur, Finance Conseil, qui n’a pas hésité une seconde à soutenir mon projet.
Malheureusement, il n’est plus possible de participer à Everes’tri, puisque le nombre de participant·e·s est arrêté. En revanche, il risque d’y avoir des désistements, empêchements, blessures ou autre, et dans ce cas des dossards seront cédés. S’il y a des intéressé·e·s, il ne faut pas hésiter à m’en faire part, ça risque d’être utile !
Tu as aussi été invité à participer à des séjours, qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?
J’y suis allé 2 fois, et ça a été des moments vraiment riches en émotion, ça m’a retourné le bide. J’ai bien sûr été touché et ému de rencontrer et d’échanger avec ces groupes de femmes et d’enfants tournés vers l’espoir, optimistes alors même qu’ils font face à une montagne. Mais j’ai surtout été impressionné par leur recul et la perception qu’ils avaient de leur maladie.

Cet été par exemple, j’ai accompagné un groupe d’enfants sur le sommet alpin, c’était des pré-ados de 10 à 14 ans. Des bébés. Et pourtant, ils font preuve d’une telle maturité…. J’ai été marqué par une conversation que j’ai eue avec l’une des participantes, qui me demandait pourquoi je faisais ça. Je lui ai répondu que je voulais les aider. Et, à la fin de la conversation, elle m’a rétorqué que le cancer c’était un « petit truc », et qu’il y avait plus grave dans la vie ; qu’il y avait d’autres causes pour lesquelles je devrais me lancer dans d’autres projets. Et quand elle te dit ça, tu te sens tout petit. Tu te revois aussi à ton niveau te faire des montagnes de petits évènements du quotidien alors qu’à côté de ce qu’ils vivent, c’est rien. Ça remet les choses en perspective.

A chaque fois que j’y suis allé, ça m’a encore plus motivé pour Everes’tri, à récolter les fonds et faire connaitre l’association. Je suis persuadé que ce stage a une vraie plus-value dans le rétablissement et le retour à la vie normale des participant·e·s, et ça m’a à chaque fois encore plus convaincu de mon projet. C’est pour ce genre d’asso que je veux donner de mon temps.
A voir à l’avenir comment je peux continuer à les soutenir. Sur place, je n’aurai pas de plus-value car je n’ai pas de compétences médicales, et de toute façon l’association est à Chamonix. La recherche de financement c’est très chronophage et ce n’est pas forcément ce que je préfère. De toute façon pour le moment il est trop tôt pour se projeter dans le long terme, objectif T24 dans quelques mois, et si besoin, le contact avec la fondatrice Christine JANIN est établi.
Pour finir, est-ce que tu peux parler un peu de toi à celles et ceux qui ne te connaissent pas ? Comment tu t’es mis au triathlon, ce qui te plait et ce qui t’attend à part la T24 cette année ?
Alors moi c’est Maxime, j’ai 35 ans, je suis TCNiste depuis 4 ans, j’exerce en tant que courtier en prêt immobilier chez Finance Conseil, et je suis originaire de Paris.
Je viens d’une famille qui a un rapport assez passionnel au sport, mes parents et mes frères sont toutes et tous des sportifs. J’ai pratiqué pas mal de sports dans ma jeunesse, 8 ans d’escrime, 8 ans de hand, 3-4 ans de rugby (à l’époque je pesais un paquet de kg de plus qu’aujourd’hui !), mais j’ai décidé d’arrêter les sports collectifs parce que je me blessais tout le temps.
J’ai aussi des parents qui adorent la montagne, on y allait tous les ans (team Alpes), j’y ai fait pas mal d’escalade depuis tout petit. Aujourd’hui encore j’ai besoin d’y aller régulièrement me ressourcer.

Après mes études, j’ai arrêté le sport. Je vivais à Paris et je travaillais en banque, avec peu de temps pour pratiquer une activité physique. Fin 2018, j’ai fini par quitter la banque et je me suis lancé dans un projet entrepreneurial, qui est rapidement tombé à l’eau… Quand un ami m’a proposé de faire un half-ironman, j’ai sauté sur l’occasion : c’était le projet parfait pour me remettre au sport et reprendre confiance en moi après cet échec.
On s’est donc lancés avec une dizaine de potes en n’y connaissant pas grand-chose. Je partais de loin, je savais à peu près nager, je n’avais pas de vélo (et n’étais jamais monté sur un vélo de route), je faisais juste quelques footings de temps en temps. J’ai donc acheté un vélo CUBE d’occase chez un vélociste et j’ai commencé à m’entrainer en décembre 2018 pour préparer mon premier triathlon : le 70.3 d’Aix-en-Provence en mai 2019.

Cette course a été géniale. J’étais confiant sur le fait de le terminer, mais dans quel état ? Je me souviens quand j’ai posé le pied après le vélo, je ne savais même pas si j’allais tenir debout. Il y a cette photo de moi avec un énorme smile à ce moment de la course quand je vois que ça tient, qui résume bien ma naïveté ! Après la course, j’ai tout de suite eu envie de faire un full.

J’ai donc pris un dossard pour l’IM de Nice qui avait lieu en juin 2020, je me suis acheté un home trainer. Mais en mars 2020, c’est le confinement. J’avais bon espoir que la course ait lieu malgré tout, mais elle a été reportée à trois reprises. Je me suis donc entrainé pendant 2 ans, pour des échéances qui étaient sans cesse repoussées plus ou moins au dernier moment. Psychologiquement, ce n’était pas facile, surtout que je m’entrainais tout seul. Mais finalement, le jour de la course en septembre 2021, j’étais dans une forme jamais atteinte. Toute ma famille proche était là, ils me gueulaient dessus et ça me gonflait à bloc. Ils savaient à quel point c’était important pour moi et j’étais fier de faire ça devant eux. La course s’est super bien passée, je termine le premier marathon de ma vie en moins de 4 heures. C’était un moment fantastique et surtout symbolique car ça marquait la fin du COVID et le retour à la liberté.

A ce moment, j’ai compris qu’à partir du moment où l’envie, la motivation, l’organisation et la discipline sont là, tout le monde peut finir n’importe quel format de course. Ca sera plus facile pour certains que pour d’autres, c’est sûr, mais chacun en est capable s’il en a envie !
A l’époque, je venais de déménager à Nantes, et j’en avais marre de m’entrainer tout seul. Alors pour rencontrer du monde et avoir des entrainements plus structurés, je me suis inscrit au TCN.
Je suis donc plutôt un adepte des courses longues distances. Cette année, je me lance dans mon premier trail, celui du Vignoble Nantais sur un format 75 km et 1000 m de dénivelé positif. Je ferai aussi le triathlon L de Châtelaillon mi-mai, et suis inscrit pour le L de l’Alpe d’Huez mi-juillet. Il est très exigeant donc à voir si j’ai envie, car ça sera un mois et demi après le T24, et ce n’est pas le genre de course où c’est judicieux d’y aller à moitié !
Propos recueillis le 3 janvier 2025 par Julie TRANG
Mot de l’auteure :
L’équipe des Chips Croustillantes y sera ! 🙂

Alexandre, Marianne, Julie, Coralie, Angèle, Gregory et Maxime
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